الأربعاء، 21 أكتوبر، 2009

Le «défi» : pour consolider les acquis de la modernité politique en Tunisie

Khira CHIBANI, rédactrice en chef de Afkaronline

Objectivement, il y a un défi que les Tunisiens (volonté politique, intellectuels, universitaires, partis politiques, syndicats, groupes de pensée, médias, travailleurs, entrepreneurs) doivent relever. Celui posé par notre condition devenue trop mutante dans un contexte historique marqué par la mondialisation. Des mutations profondes et parfois dangereuses. Qui ne datent pas d’hier. Mais qui s’aggravent : ce défi est posé à toutes les forces politiques du pays. Chacune d’ailleurs en a conscience et tente de trouver des solutions. Les pistes sont diverses. Mais le constat est le même : il y a défi parce que les Tunisiens ressentent un besoin de plus en plus pressant de maîtrise sur les décisions qui concernent le devenir de leur pays.

C’est avec une conscience lucide des «défis» qu’on peut donner davantage à la fois la visibilité, l’efficacité et le rayonnement du projet sociétal moderniste initié dès l’aube du 7 novembre 1987 et qu’on peut continuer avec le Président Ben Ali sur la voie de la modernité et du progrès. En contribuant de manière sereine à une véritable réflexion intellectuelle, nous montrerons que l’affirmation «Tous ensemble pour la Tunisie» ne constitue pas un slogan, mais un engagement invitant chacun à rendre compte de ses convictions et de ses pratiques politiques. Toutes les forces vives politiques et intellectuelles qui se partagent les valeurs de la modernité sont appelées à répondre au besoin d’une réflexion approfondie sur toutes ces problématiques en vue de relever les défis qui se posent à notre pays au niveau de la consolidation des acquis enregistrés dans le domaine du développement politique, économique, social et culturel.

Et pourtant, nous avons, déjà, bel et bien inventé en pratique le sens du mot «défi». Il y a, en nous, et au-delà de nous, des idées et des énergies disponibles dès lors que nous déciderons d’inventer, à égalité avec d’autres, cette «ère nouvelle» ouverte à notre pays depuis le 7 novembre 1987. C’est notre destin national, travaillé en filigrane par la dialectique du «Salut», de la « Persévérance », de l’«Excellence», de l’«Ambition» et du «Défi».

Les progrès réalisés par notre pays en matière de bonne gouvernance, de bien-être, de stabilité politique et sociale, de compétitivité de l’économie, de bonne gestion des dépenses publiques ont été reconnus, n’en déplaise à certains esprits extrémistes et maximalistes, par de nombreuses organisations internationales connues par leur évaluation objective de l’évolution des pays du monde. Par conséquent, continuer à relever les «défis» qui se posent dans ces divers domaines, c’est donner davantage de cohérence à ce qui se construit dans le champ social, culturel, économique et politique pour décupler sa force, et donner du sens, c’est-à-dire une perspective de progrès de cette société, avec des garanties permettant de ne pas aboutir à des dérapages connus ailleurs. S’impliquer massivement pour faire réussir ce projet sociétal, en pensant à la grandeur des réalisations qui sont à son actif, c’est asseoir les conditions d’un meilleur positionnement de notre pays dans un monde en mutation.

Le défi de sauvegarder et de promouvoir les acquis de la démocratie sociale

Le défi, cela veut dire d’abord une adhésion plus forte au processus de la mondialisation avec la détermination de tirer profit de ses avantages, mais en prenant toutes les mesures nécessaires pour se prémunir de ses effets négatifs nuisant au plein développement national et régional. Le défi est de sauvegarder les acquis sociaux, les enrichir, les prolonger par de nouvelles libertés, par de nouveaux droits, les approfondir dans un effort d’élaboration théorique et politique incessant. Près de 80% du budget de l’Etat sont alloués aux droits socioéconomiques et culturels. Aujourd’hui, 81% de la population fait partie de la classe moyenne, 80% des familles tunisiennes sont propriétaires de leur logement, plus de 99% des enfants sont scolarisés, le taux de pauvreté est réduit à 3,8 %, les augmentations salariales ont été maintenues tout au long des deux dernières décennies.

Tout le sens du combat des Tunisiens, partout, chaque jour, c’est d’obtenir, pour tous, une vie meilleure, plus juste, plus sûre, plus belle, une vie et une société libres de toutes les expressions de l’archaïsme, du dogmatisme, de l’intégrisme.

Le défi, cela veut dire aussi le plein emploi: le droit au travail, le droit pour chacun d’obtenir un emploi stable, tout en ayant la possibilité d’en changer. Le défi est de persévérer dans l’effort de la valorisation des ressources du pays, en particulier de ses capacités humaines qui est l’atout majeur pour la société afin d’assurer la maîtrise des moyens technologiques et financiers, le développement des recherches et la circulation des connaissances, le partage équitable des fruits du développement.
Aujourd’hui, chaque Tunisien doit être à même, pour faire face au plus vite à des situations plus complexes, d’affronter dans son action quotidienne les grandes questions du changement de société et de leur apporter des réponses à la fois fondamentales et concrètes. Il lui faut être au fait du mouvement des réalités nationales et internationales.

Somme toute, le progrès social, l’indépendance nationale, le développement humain durable et intégral, le plein emploi, la formation, bref, tous les grands besoins de notre temps appellent une nouvelle rationalité économique, une nouvelle efficacité, un type de développement où qualité et quantité ne s’opposent plus mais vont de pair. C’est un choix de société. C’est un défi stratégique. Pour une large part les responsabilités que nous devons assumer sont inédites. Elles découlent de notre aspiration à atteindre l’excellence et à rejoindre le cortège des pays développés.

Le défi de sauvegarder et de consolider les acquis de la modernité politique

Dans le contexte politique qui est le nôtre aujourd’hui, plusieurs faits exigent un travail de clarification autour des expériences et des acquis de la modernité politique: l’invasion médiatique attentatoire à la souveraineté nationale, l’évolution de la pratique démocratique (de l’entreprise au quartier, en passant par les consultations nationales), le nouveau terrain des lieux de pouvoir, les leviers nécessaires de la transformation sociale et de l’émancipation humaine, le rôle des élus politiques ou non (syndicaux, associatifs) et la question du pouvoir effectif des citoyens.

Il ne suffit pas qu’une Constitution reconnaisse à tous les citoyens le droit de participer à la chose publique en organisant le suffrage universel masculin et féminin pour passer des droits politiques aux droits sociaux. La restructuration de l’économie capitaliste mondiale et la dérégulation des économies nationales produisent des phénomènes qui tendent à remettre en cause les droits sociaux conquis dans le contexte de l’Etat national. La démocratie vit aujourd’hui dans la tension entre un principe qui vient de la tradition républicaine et un autre principe qui est vraiment le principe libéral. Du point de vue de la démocratie politique, une démocratie est un système qui permet à toutes les personnes de se donner une dignité politique en participant, par leur vote, à la formation de la volonté commune. Du point de vue de la démocratie sociale, est vraiment démocratique ce qui s’inscrit dans le sens de la préservation et de la consolidation des droits économiques, sociaux et culturels. La démocratie ne doit pas simplement constituer une forme politique et un système d’institutions où tous les citoyens peuvent s’exprimer; elle doit aussi passer sur le terrain du social, de l’économique et du culturel. C’est ce que démontre la volonté politique qui ne cesse de puiser dans l’héritage de la pensée réformiste nationale.

De ce fait, la rénovation, sinon, la refondation de la vie politique nationale en ce début du XXIe siècle ne sont pas une problématique abstraite. Elles déterminent les orientations nécessaires pour l’avenir sur des bases à la fois constitutionnelles, politiques, culturelles, sociales et économiques puisqu’il s’agit de nous et de notre avenir dans un monde en constante évolution. L’objectif est de renforcer les acquis du Processus démocratique, de conforter les fondements de l’Etat de droit, de consolider les droits, d’élargir les espaces des libertés et de préparer la voie à une nouvelle étape de modernité pour le système politique républicain.

Au fond, le consensus politique autour de quelques thèmes stratégiques phares: les acquis sociaux, les avancées du processus démocratique, la paix civile et la stabilité politique, la croissance, la souveraineté nationale, les constantes nationales, la diversité, la pluralité, le droit à la différence et la protection des libertés et des droits. Ces thèmes font du défi un concept politique fécond. Le fil rouge de ce défi : l’intervention citoyenne et démocratique est une idée radicalement neuve puisque le défi politique renvoie au citoyen et au politique dans une dialectique nouvelle du délégataire et du participatif, des droits et des libertés. Ainsi, nous creusons jour après jour l’idée de l’intervention citoyenne comme acte majeur pour une nouvelle construction politique nationale et progressiste. Défi fort pour l’immédiat. Défi fort pour l’avenir : relever le défi de la praxis démocratique dans une Tunisie invulnérable, rayonnante, prospère, solidaire, ouverte et moderne.

هناك تعليق واحد:

  1. Dans sa contribution, Madame Chibani nous éclaire sur les défis futurs auxquels la Tunisie doit se préparer lors des prochaines années. S’inspirant de l’esprit et de la lettre du discours du Président Ben Ali du 11 octobre, et de son nouveau programme, elle étaie des problématiques fort intéressantes concernant l’acte culturel et civilisationnel de demain.
    Une mission réussie à la faveur d’un argumentaire bien articulé, élaboré et richement ilustré.
    Merci à l’autrice.
    G.M.M

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